Il existe des douleurs dont on parle peu.
Des douleurs difficiles à expliquer, parce qu’elles touchent à quelque chose de très profond : la confiance, les rêves construits à deux, l’image que l’on avait de sa vie.
Lorsqu’une relation se termine à la suite d’une infidélité, on pense souvent que la souffrance vient uniquement de la séparation.
Mais ce n’est pas seulement une histoire de couple qui se termine.
C’est parfois tout un monde intérieur qui s’effondre.
Le futur que l’on imaginait.
Les projets que l’on pensait réaliser ensemble.
La sécurité que l’on croyait avoir trouvée.
La confiance que l’on avait donnée.
Et soudain, il faut apprendre à vivre dans une réalité que l’on n’a pas choisie.
Quand les repères disparaissent
Après une telle annonce, beaucoup de personnes décrivent une sensation de vertige.
Comme si leur vie avait basculé en quelques instants.
Des questions apparaissent, parfois sans réponse :
Comment ai-je pu ne rien voir ?
Est-ce que tout ce que nous avons vécu était réel ?
Comment vais-je avancer maintenant ?
Qui suis-je sans cette histoire qui occupait une si grande place dans ma vie ?
Ces questions peuvent revenir encore et encore.
Ce n’est pas un manque de volonté.
Ce n’est pas une incapacité à « passer à autre chose ».
C’est la conséquence d’un bouleversement profond.
Une séparation, ce n’est pas seulement une histoire d’amour qui se termine
Dans une séparation liée à une infidélité, il peut y avoir plusieurs deuils à traverser.
Le deuil de la relation telle qu’on la connaissait.
Le deuil de la famille imaginée.
Le deuil d’un avenir construit dans sa tête.
Le deuil d’une confiance qui semblait acquise.
Le deuil de la personne que l’on était avant que tout change.
C’est pourquoi certaines blessures prennent du temps.
Le cœur et l’esprit ne fonctionnent pas selon un calendrier.
On ne décide pas un matin que l’on va aller mieux.
On avance souvent par vagues.
Il y a des jours où l’on croit reprendre pied.
Puis un souvenir, une date, une annonce ou un changement peut réveiller la douleur.
Cela ne veut pas dire que l’on revient en arrière.
Cela veut simplement dire que ce qui a été vécu a compté.
La souffrance silencieuse
Il existe aussi une autre difficulté dont on parle peu : le silence.
Certaines personnes se taisent pour protéger leurs enfants.
D’autres pour respecter la demande de leur ancien partenaire.
Certaines ont peur du jugement.
D’autres ne savent simplement pas comment raconter ce qui leur arrive.
Alors elles portent seules une histoire qui pèse très lourd.
Elles continuent à travailler.
Elles organisent le quotidien.
Elles accompagnent leurs enfants.
Elles font face aux démarches.
Elles cherchent un nouveau logement.
Elles essaient de rester debout.
Et parfois, quand tout le monde dort ou quand la journée se termine, la douleur revient.
Parce qu’être courageuse ne veut pas dire ne pas souffrir.
« On me dit que je devrais tourner la page »
Après une séparation, l’entourage veut souvent aider.
Mais parfois certaines phrases, même dites avec de bonnes intentions, peuvent blesser :
« Il faut passer à autre chose. »
« Tu devrais penser à l’avenir maintenant. »
« Cela fait longtemps, il faut avancer. »
Ce que les autres ne voient pas toujours, c’est le chemin intérieur qui est en train de se faire.
Tourner une page n’est pas effacer une histoire.
Ce n’est pas nier ce qui a existé.
C’est apprendre progressivement à vivre avec une nouvelle réalité.
Et ce chemin est différent pour chaque personne.
Quand les enfants souffrent aussi
Pour beaucoup de parents, la douleur est encore plus forte lorsqu’ils voient leurs enfants traverser cette période.
Ils s’inquiètent.
Ils culpabilisent.
Ils cherchent les bons mots.
Ils aimeraient pouvoir protéger leurs enfants de toute souffrance.
Mais parfois, la plus grande preuve d’amour est aussi de prendre soin de soi.
Un parent qui cherche du soutien montre qu’il est possible de traverser une épreuve, même lorsque celle-ci semble insurmontable.
Si vous vous reconnaissez dans ces mots
Peut-être qu’aujourd’hui vous ne cherchez pas encore de solution.
Peut-être que vous avez simplement besoin que quelqu’un mette des mots sur ce que vous vivez.
Alors j’aimerais vous dire ceci :
Votre douleur a du sens.
Vous n’avez pas besoin de minimiser ce que vous ressentez.
Vous n’avez pas besoin de vous comparer à d’autres personnes qui semblent aller mieux plus vite.
Vous traversez un passage de vie profondément bouleversant.
Et même si aujourd’hui le chemin vous paraît long, le fait d’avancer un jour après l’autre est déjà une forme de courage.
Vous n’avez pas à rester seule avec une souffrance trop lourde
Certaines périodes de vie peuvent devenir très difficiles à porter seul(e).
Si vous ressentez une détresse intense, des idées noires ou l’impression que vous ne pourrez pas continuer, il est important de demander de l’aide.
En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, propose une écoute gratuite 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Des professionnels peuvent vous écouter et vous orienter.
En cas de danger immédiat ou si vous craignez de passer à l’acte, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Demander de l’aide n’est pas un échec.
C’est parfois le premier geste pour prendre soin de soi.
Un mot de Danse avec la nuit
J’accompagne les passages de vie, ces moments où quelque chose se termine et où une nouvelle étape cherche à naître.
Une séparation, un deuil, une transformation profonde peuvent donner l’impression de perdre ses repères.
Mon rôle n’est pas de vous dire quoi faire ou combien de temps cela devrait prendre.
Mon rôle est d’offrir un espace où ce qui est vécu peut être accueilli, entendu et traversé avec davantage de douceur.
Parce qu’au milieu des périodes les plus sombres, il existe aussi un chemin de reconstruction.
Pas à pas.
À votre rythme.
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